Après la pause estivale, pour reprendre la série des concerts d’orgue du mardi soir, RDV le 4 octobre à 20h pour un concert d’orgue par Francis Jacob. Un programme composé de musique alsacienne, sous le titre « D’r Vöjel kennt m’r an de federe » !
- Hans Kotter : Kochesperger
La pièce est entièrement fondée sur la technique de l’organum c’est à dire sur des octaves et quintes parallèles. De plus, on y trouve le thème de la Spagna tout en évoquant l’Alsace. Et c’est là, une moquerie que Kotter adresse aux paysans de la région de Kochersperg (en Alsace) et elle n’est pas du tout représentative de la musique d’orgue à cette époque… La pièce évoque aussi les harmonies de vielle à roue, ce cet instrument «truand», depuis près de deux siècles réservé aux mendiants. Cette danse un peu caricaturale, rudimentaire et archaïque (du fait des parallélismes) évoque donc, comme l’indique le titre, les espagnolades du Kochersperg. Hans Kotter est né à Strasbourg en 1480-85 et mort ici à Berne en 1541.
- Ottmar Luscinius : Fortuna in fa
Ottmar Luscinius [Otmar Nachtgall] (1487-1537) a étudié auprès de Jacob Wimpheling, à Strasbourg, avant de se rendre à Paris en 1508. En 1515 il fut engagé comme organiste à St-Thomas à Strasbourg, et était prêtre. Malgré qu’il fut un humaniste zélé, il n’adhéra pas à la Réforme.
- Bernhardt Schmidt : Ridon di maggio i prati ei vaghi colli
Diminutions sur un motet de Hans Leo Hassler. Bernhardt Schmidt (1567-1625) fut organiste à l’église St-Thomas, puis à la Cathédrale de Strasbourg au début du 17è siècle. Il fut l’un des acteurs du développement du style italien à Strasbourg à cette époque (près de 2000 pièces vocales italiennes du début du 17è siècle sont conservées dans les archives datant de cette période à Strasbourg).
- Johann Adam Reincken : An Wasserflüßen Babylon (extrait)
Plusieurs mélodies de chorals importants ont été élaborées à Strasbourg, au moment de la réforme (première moitié du XVIe siècle). Ainsi Wolfgang Dachstein, moine Dominicain et musicien, fut un compositeur actif de mélodies de chorals. En 1541, il devint organiste de la cathédrale de Strasbourg (dédiée au culte protestant de 1524 à 1681). On lui doit entre autres la mélodie de choral « An Wasserflüßen Babylon ». Une légende erronée fait naître Reincken (1623-1722) en Alsace, mais ceci est sans doute complètement faux…
- Georg Muffat : Toccata prima (de Apparatus musico-organisticus)
Georg Muffat (1653-1704) étudie à Paris avec Lully entre 1663 et 1669, est nommé organiste à Molsheim et Sélestat puis fait des études de droit à Ingolstadt. Il s’installe plus tard à Vienne en Autriche, on le trouve plus tard à Prague, Salzbourg. En Italie, il travaille avec Arcangelo Corelli.
- Franz Xaver Murschhauser : Arpeggiata octavi Toni e Fuga prima septimi Toni
Franz Xaver (Anton) Murschhauser est né à Saverne en Alsace en 1663, et mort à Munich en 1738. Il fut élève de Johann Caspar von Kerll.
- Dom George Franck : Allegro – Triolet tendrement – Allegro
Dom George Franck (18ème siècle) fut bénédictin et curé à Munster val St-Grégoire en Alsace, du temps des célèbres facteurs d’orgue Silbermann.
- Louis Feltz : Offertoire (Andante non troppo)
Louis Feltz (1816-1891), organiste, pédagogue et compositeur alsacien.
- Pierre Vidal : Pan et Syrinx (extrait de la première suite)
Pierre Vidal (1927-2010) a été professeur au Conservatoire de Strasbourg dès 1967.
- Pierre Pfister : Was Gott tut, das ist wohlgetan (des Douze chorals pour orgue)
Pierre Pfister est organiste, compositeur, facteur d’orgues (entre autres). Toujours vivant, il est né et a vécu en Alsace.
- Léon Boëllmann : Suite Gothique Op. 25 : Introduction (Choral) – Menuet Gothique – Prière à Notre-Dame – Toccata (1895)
Léon Boëllmann né à Ensisheim en 1862 en Alsace et mort à Paris en 1897, a été organiste et compositeur. Il est sans doute l’un des compositeurs d’origine alsacienne les plus connus.
Francis Jacob a étudié l’orgue et le clavecin auprès de Sylvain Ciaravolo, André Stricker, Aline Zylberajch, Martin Gester (Strasbourg), Jean Boyer (Lyon), Jan-Willem Jansen (Toulouse) et Jan Christensen (Bâle). Il a remporté plusieurs concours d’orgue internationaux. Professeur au CRR de Strasbourg, il est titulaire de l’orgue de Saessolsheim (Alsace), construit en 1995 par Bernard Aubertin et mène avec l’association des Amis de l’Orgue de Saessolsheim une importante activité musicale autour de ce magnifique instrument (concerts, stages…). Il pratique en outre la facture d’orgue auprès de Bernard Aubertin. Son activité d’interprète l’amène à se produire en concert, en soliste ou en ensembles vocaux et instrumentaux (Ricercar Consort, Le Concert Royal, maitrise de Colmar …) et ses enregistrements de Buxtehude et Bach ont été particulièrement remarqués.
